PAPA FRANCESC. AMOR, SERVEI I HUMILITAT

Jorge Mario BERGOGLIO – PAPE FRANÇOIS, Amour, service & humilité. Exercices spirituels donnés à ses frères évêques à la manière de saint Ignace de Loyola. París: Magnificat 2013, 143.

Contra la imatge que s’ha volgut donar d’un papa de les floretes, els exercicis espirituals del papa Francesc denoten gran força interior, intensitat i valor. Més enllà de presentar un papa tou, amable i titella, de gestos i prou, aquí trobareu un pastor, Bergoglio, amb una voluntat ferma i decidida per Déu i per l’Església. De fet, presentant-lo com una reencarnació o un nou Joan XXIII se l’ha volgut, en el fons, desprestigiar, senyalant que es tracta d’algú simpàtic, i prou. No és així, sinó un pastor amb un gran tremp pastoral, que no està d’històries, molt realista i que coneix el terreny que trepitja.
El text és en francès, ja que és en aquesta llengua que l’he llegit. No sé si corresponen o no als llibres publicats en castellà: “Meditaciones para religiosos” o bé “Reflexiones sobre la vida apostòlica”.

Observation générale. L’archevêque de Buenos Aires prêche aux évêques espagnols à l’entour du Concile Vatican II et, surtout, de l’encyclique Evangelii Nuntiandi. C’est remarquable qu’il n’y ait aucune référence au Pape Jean Paul II et qu’il veuille aller aux sources du dernier Concile de l’Église Catholique.

Le Magnificat se chante dans la petitesse et l’humiliation.
Sur une terre qui n’a pas été labourée par la douleur, le fruit est condamné à l’insignificance (Lc 8,13). Les vanités qui nous assaillent sont nombreuses mais la plus vaine et la plus commune chez les évêques et les prêtres est paradoxalement le défaitisme. Le défaitisme est une forme de vanité parce qu’en étant défaitiste, on se positionne en tant que Général en chef, mais d’une armée vaincue ! Au lieu d’accepter d’être le simple soldat d’un escadron qui, bien que décimé, continue à lutter. Combien de fois, nous évêques, faisons-nous ces rêves expansionnistes propres aux généraux vaincus ! En l’occurrence, nous renions l’histoire de notre Église qui est une histoire glorieuse car elle est faite de sacrifices, d’espoirs et de combat quotidien. La foi de nos pères s’est construite sur des ressources humaines bien précaires, mais au lieu d’en être découragés, ils en étaient vivifiés. Parce que leur espérance était plus forte que toute adversité. (16)

La peur nous fait voir des fantômes, à tel point que parfois c’est le Seigneur Lui-même qui nous apparaît et nous Le confondons avec un fantôme. La foi, au contraire, nous rend sereins. Elle nous fortifie en nous évitant les réactions impulsives et incontrôlées si caractéristiques de la peur. Aussi bien d’ailleurs, des réactions de couardise que de témérité ! Eh oui, parfois la peur peut donner l’apparence du courage et nous faire commettre un péché de témérité, quand devrait plutôt régner la réserve évangélique (cf. Mc 14,19 quand le Seigneur corrige la témérité de Pierre qui assure qu’il ne Le reniera pas.) (40)

Une des tentations les plus graves, de celles qui nous privent du contact avec le Seigneur, est la connivence avec l’échec. Face à une foi combative par définition, l’ennemi, mauvais ange de lumière, sème les graines du pessimisme. Personne ne peut entreprendre une lutte s’il n’est pas intimement convaincu au préalable qu’il sera le vainqueur. Celui qui part battu a perdu d’avance la moitié de la bataille. Le triomphe chrétien est toujours une croix, mais une croix dressée comme une bannière de victoire. Cette foi invincible, c’est parmi les humbles que nous allons l’acquérir et l’alimenter. Pendant ces Exercices spirituels, nous revient l’image de nombreux visages, visages de ceux dont nous avons la charge pastorale. Le visage de l’humble, le visage de celui qui a une piété simple, est toujours un visage de triomphe et une croix l’accompagne presque toujours. En revanche, le visage de l’orgueilleux est toujours un visage de défaite. Il n’accepte pas la croix et veut une résurrection sans en payer le prix. Il sépare ce que Dieu a uni. (43)

Le Seigneur nous reproche notre incapacité à veiller avec Lui.
L’évêque est celui qui prend soin de l’espérance en veillant pour son peuple. Quand Pierre recommande à ses presbytes : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non pas contrainte, mais de bon gré, selon Dieu » (1P 5,2), cette charge pastorale qu’il leur confie reprend différentes attitudes spirituelles : superviser, surveiller et veiller. En faisant ces recommandations, Pierre a certainement à l’esprit le souvenir du reproche que le Seigneur lui fit la nuit du début de la Passion : « Simon, tu dors ? » (Mc 14,37-38). (45)

Quand nous faisons mémoire du triomphe du Christ, nous rendons vivante cette réalité : notre victoire contre le monde est celle de la foi (1 Jn 5,4). Pour autant, nous avançons vers le combat avec vaillance. Nous avançons « en vainqueurs », nous efforçant de suivre le conseil de saint Paul : « Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes (viriliter age), soyez forts » (1Co 16,13). Nous savons bien que nous pouvons confier au Seigneur toutes nos préoccupations, puisqu’Il veille sur nous, même quand le diable rôde autour de nous (cf. 1P 5,7-8). (52)

NdR. Émouvante, parlante et touchante cette citation avec la traduction du Pape Bergoglio de “viriliter age”: “soyez des hommes” -“sigues un home!” ce qui fait pensar plutôt à une virilité évangélique, en refoulant tout ce qui est mou, faible d’esprit, tiède… Du même registre, dans l’Écriture, on trouve cette expréssion à: Sl 27,14; 31,25; Ef 6,10; que la BCI traduït par un “sigueu valents”; ou la Castilian Version “sed valientes”. Par contre, l’édition de Montserrat “porteu-vos com uns homes”; TOB dit “soyez des hommes”; et KJV “quit you like men”. Une fois de plus les options du pays sont mues et muettes.

Un cœur vaniteux est une terre d’accueil pour les formes « ecclésiastiques » de l’indiscipline et de la désobéissance, qui enlaidissent le visage de notre sainte Mère l’Église. Il n’y a pas à chercher loin derrière n’importe quelle posture épiscopale relevant du moralisme, de l’angélisme ou de l’irénisme, pour trouver un cœur faible et vaniteux qui, au fond, prétend réduire a minima l’importance de la conduite du peuple de Dieu qui lui a été confié. (54)

L’épitaphe de saint Ignace est ici appropriée : « Ne pas être limité par le plus grand, se contenter du minimum, ceci est divin » (Non coerceri a maximo, contineri tamen a minimo, divinum est) Il faut bien voir que l’acédie est facteur de division, car ce qui unit c’est la vie, et ceux que l’acédie a gagnés n’assument pas la vie. (66)

NdR. Mot qu’on peut rapporter à la famille citée par le P. escolapi “astènia – anorèxia – anaimia”; qui fait réference à se laisser faire, laisser tomber, n’avoir de forces pour la lutte et le travail, même n’avoir pas de motivations. En définitive, être vaincu avant le debut.

Notre amertume vient lorsque nous faisons le constat de l’affaiblissement de la foi, de la baisse de la pratique dominicale… et nous comparons notre situation actuelle aux temps passés qui étaient meilleurs. Nous courons alors le risque de rendre statique quelque chose qui est en mouvement. (79)

Jésus nous prépare de cette mise à l’épreuve et Il nous prévient de la venue d’une joie plus grande pour que nous soyons prêts à tenir bon : « Vous aussi, maintenant vous voilà tristes ; mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera » (Jn 16,22). Saint Ignace aussi nous exhorte à vaincre la tentation et la désolation par le travail constant et l’espérance de la consolation future :
Celui qui est dans la désolation travaillera à demeurer dans la patience, qui est contraire aux vexations qui lui surviennent ; et il pensera qu’il sera vite consolé, s’il prend les moyens pour lutter contre cette désolation. (E.S., 321) (101)

Si mon « bien acquis » est ce désir d’hégémonie, ne pensons pas que le problème va se régler en faisant des déclarations sur le pluralisme. Ici, le seul pluralisme admissible est celui de la mission apostolique reçue : celle-ci construit l’unité, nous rend frères. Il n’y a pas de place pour le pluralisme en marge de la Tête et du Corps : en réalité, ce serait une hégémonie déguisée. (106)

Garder pour soi les signes de contradiction
Comme première façon de nier la Croix, on peut citer l’attitude qui consiste à prétendre choisir par soi-même les signes de contradiction. La Croix, alors, n’est plus l’oblation de sa propre vie, suivi amoureux du Seigneur sur le chemin qu’Il emprunta en premier, mais une attitude artificielle, de vedette, superficielle. Nous avons vu de nombreux prêtres et religieux qui, dans leur vie de communauté, « jouent à l’Église primitive », ou d’autres qui « jouent à la Croix » dans leur vie apostolique. Dans ce cas, les persécutions qui surviennent sont le fruit non d’un zèle pour la gloire du Père, mais d’une sélection élitiste des moyens qui, dans un esprit purement égoïste et vaniteux, paraissent les plus expédients. (113)

Ne pas accepter le caractère combatif de la vocation : l’irénisme.
La deuxième manière de refuser notre vocation à la Croix se retrouve dans le fait de ne pas accepter le caractère combatif de notre vocation. Il s’agit de la tentation de la « paix à tout prix », la tentation de l’irénisme. On a peur de la contradiction et on a donc recours à tout type d’arrangement, ou d’évitement, pour avoir la paix, pour qu’aucune contradiction ne se manifeste. La conséquence de cela, c’est que les hommes ne bénéficient pas d’une paix véritable, mais ils vivent dans la lâcheté ou, si l’on peut dire, dans la paix des cimetières. (113)

En nous, la sainteté se manifeste par notre zèle évangélisateur
Il faut que notre zèle évangélisateur jaillisse d’une véritable sainteté de vie alimentée par la prière et surtout par l’amour de l’eucharistie, et que, comme nous le suggère le concile de Vatican II, la prédication à son tour fasse grandir en sainteté le prédicateur (E.N. n.76) (176)

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